Le prétendu sage et la belle nature

On me demande dans un commentaire si j’envisage de parler de Pierre Rabhi et, ça tombe bien, il a été récemment interviewé dans Reporterre. Alors d’accord, parlons-en.

Le discours de Pierre Rabhi sur l’écologie et l’agriculture est pertinent, je ne peux dire le contraire. Malheureusement, son propos sort régulièrement de ce domaine pour s’aventurer sur des sujets de société et, en la matière, il est consternant. Il  développe l’homophobie la plus virulente et la plus assumée qui soit, en prenant prétexte de « la nature ».

Ce discours réactionnaire se trouve dans les livres de Rabhi et, également, dans certaines de ses interviews. Il y a un peu plus de deux ans, par exemple, il donnait pour une radio chrétienne une interview qui a été transcrite par les Enragés 1 On y trouve notamment une phrase extraite d’un de ses livres :

(…) loin de toutes hypocrisie ou complaisance, et avec tout le respect dû aux personnes, je considère comme dangereuses pour l’avenir de l’humanité, la validation de la famille «homosexuelle», alors que par définition cette relation est inféconde (…)

Passons sur la contradiction qui consiste à dire à une personne qu’on la respecte tout en lui refusant la possibilité d’avoir les mêmes droits que les autres. Parler de « danger pour l’avenir de l’humanité » est délirant. Pire encore, Pierre Rabhi, en guise d’argument, en appelle à « la norme » établie par « la nature » :

C’est que pour qu’il y ait procréation, il faut mâle et femelle. L’abeille a besoin de… la reine a besoin d’un mâle, une chèvre a besoin d’un bouc, la vache a besoin d’un taureau.

Ainsi donc, si l’on s’en rapporte à « la nature », tout le monde devrait être hétérosexuel et cisgenre 2 ? Sauf que… dans la nature, c’est loin d’être le cas.

Puisque Monsieur Rabhi  prend l’exemple des abeilles, examinons leurs mœurs de plus près. Que se passerait-il si nous prenions exemple sur elles ?

Je suis gavée par des nourrices dans l’objectif d’arriver le plus rapidement possible à la puberté. Sitôt pubère, je tue mes sœurs dans leur berceau et je suis jetée dehors. Je dois obligatoirement rejoindre un endroit où se trouvent de nombreux mâles avec lesquels je dois m’accoupler. Besoin d’UN mâle ? En réalité, besoin de beaucoup. Jusqu’à 18 ! Et je dois revenir enceinte. Fratricide et polyandrie.

On continue ?

Je suis à la fois homme et femme. J’ai des relations sexuelles avec un congénère qui est dans le même cas que moi. Au final, cela nous permet d’avoir l’un et l’autre des enfants. Intergenre, pansexualité.

Je suis une femme, je suis capable de faire un enfant toute seule. Parthénogenèse. Pour le « besoin du mâle », on repassera.

Est-il encore besoin de donner des détails sur les bonobos, ces grands singes avec lesquels nous avons plus de 99 % de gènes en commun ? Si je fais comme les bonobos, j’ai des relations sexuelles en moyenne toutes les 90 minutes, avec des garçons comme avec des filles, indifféremment. Et pas seulement pour la reproduction ! Bisexualité.

Je suis un homme. J’ai des relations sexuelles avec un autre hommes et nous échangeons des spermatozoïdes. Ensuite, je deviens une femme, je produit des ovocytes que je féconde avec les spermatozoïdes reçus de mon partenaire et je mets mes enfants au monde. Homosexualité, transidentité.

Enfin et plus généralement, chez les animaux non plus il n’y a pas que des comportements à visée reproductrice. Des « comportements homosexuels » ont été observé chez bien des espèces. Sans, d’ailleurs, que cela soit un handicap à la reproduction.

Je m’arrête là, on aura compris l’idée. En mettant en avant l’argument de « la nature », Pierre Rabhi fait surtout étalage de bêtise et d’ignorance, car la nature est plurielle et complexe. Il utilise cet argument soit-disant irréfutable pour servir une idéologie intolérable. En réalité, si l’on veut vraiment se référer à la nature, il convient d’accepter toutes sortes de mœurs 3, sans restriction ni commentaire. Il oublie qu’en outre, l’homme est un être de culture. On ne peut seulement en référer à la nature et nier tout ce qui fait d’un être humain une personne dotée d’une conscience et d’un libre arbitre.

Le problème, c’est que cet étalage d’intolérance réactionnaire discrédite la totalité du discours de Pierre Rabhi. Oh, bien sûr, il s’en trouve pour dire qu’il ne faut pas s’arrêter à cela, que ce n’est pas si grave, puisque le reste est « génial ». Et c’est probablement pour cette raison que Reporterre, revue que par ailleurs j’apprécie beaucoup, continue à donner la parole à Pierre Rabhi. Je ne suis pas d’accord. Hervé Kempf, avec toute l’estime que j’ai pour vous, si vous passez par ici, je ne suis pas d’accord et pour la raison suivante : Si, par exemple, Pierre Rabhi se mettait à dire que la famille juive est dangereuse pour l’avenir de l’humanité, vous trouveriez cela intolérable 4 et vous ne lui donneriez plus la parole. Alors, pourquoi l’homophobie vous est-elle supportable alors que l’antisémitisme ne le serait pas ? Pourquoi tolérez-vous des propos discriminatoires envers certaines personnes quand vous ne les tolèreriez pas envers d’autres ?

On voulait que je parle de Pierre Rabhi. Alors voilà : J’aimerais infiniment que nos médias, toutes tendances confondues, cessent de lui donner la parole. Il y a d’autres personnes, également écologistes, également conscientes des enjeux environnementaux et agricoles, qui peuvent en parler sans faire étalage de bêtise et d’intolérance. C’est à elles qu’il faut tendre le micro.

 

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Notes:

  1. Le lecteur pourra lire la totalité de la transcription sur leur site.
  2. On est cisgenre quand on a été déclaré fille ou garçon à la naissance et que l’on vit en harmonie avec cela. Dans le cas contraire, on est transgenre.
  3. Tant que tout le monde est majeur et consentant, bien entendu
  4. Du moins, je l’espère.

17 comments for “Le prétendu sage et la belle nature

  1. dorigord
    16 avril 2017 at 15 h 30 min

    Je ne connaissais pas Pierre Rabhi sous cet angle, car je n’ai pas lu beaucoup de livres de lui, et très peu d’interviews.
    Je t’approuve tout à fait et tu as raison de souligner son positionnement très ancré avec les réactionnaires. Je croyais qu’il était beaucoup plus ouvert. Dommage pour lui!
    Merci pour toutes tes analyses!!

    Passe une bonne journée

  2. lorju
    17 avril 2017 at 18 h 26 min

    Bonsoir Philommène,

    Super ravi de te retrouver, mais bon, tu viens juste d’ébranler ma foi en Pierre Rahbi dont je découvre avec grande tristesse ce côté du personnage.
    Je partage entièrement ton analyse, mais j’aimais beaucoup l’écouter, maintenant après cette éclairage, les choses vont êtres différentes !!!
    Encore une fois, je suis sincèrement ravi de te relire.
    Bon courage pour tes multi activités et merci encore !!!

    • Philomenne
      17 avril 2017 at 18 h 32 min

      Tu m’en vois navrée. Moi la première, j’aurais préféré qu’il soit totalement humaniste…

  3. A.Maigrenome
    18 avril 2017 at 12 h 23 min

    D’une secte à l’autre ! Oui, les esprits faibles vont d’une secte à l’autre.

    P.R. est un catholiciste, allant jusqu’à prénommer un de ses fils « Vianney », du patronyme d’un cinglé dont un pape a fait un saint. Pauvre fils !

    Sur son ego, il suffit de regarder le prospectus qu’il avait fait imprimer pour sa candidature à la présidentielle de 2002. Grandes photos du maître, mais peu de concret.

    Sur ses théories agronomiques, elles ne sont pas généralisables mais il veut les faire appliquer partout.

    Si ce n’est pas une secte, qu’est-ce ?

    Sur la famille naturelle, je ne sais rien, mais sur la seconde famille, il y a des faits, des jugements : « A ton âge on ne tombe pas enceinte. » voir l’adresse : http://www.liberation.fr/societe/2005/11/05/violee-chez-sa-seconde-famille_538151

    P.R. n’a encore rien dit sur les décroissants démographiques. Attendons sa sentence !

  4. La Vachère
    18 avril 2017 at 15 h 06 min

    Comme je te l’ai dit par sms, je suis tout à fait d’accord avec toi.

    Ici, en Ardèche, c’est limite « le grand maître » ; quand les gens en parlent, c’est avec déference, etc…
    Le peu que j’avais lu sur lui m’avait considérablement refroidie, notamment ces propos homophobes…

    Ceci dit, c’est surprenant ; ou alors ton article n’est pas encore très référencé, tu n’as pas encore été envahie par les fanatiques idolâtres venus te pourfendre !

    • Philomenne
      18 avril 2017 at 15 h 11 min

      Mon article est récent mais ne t’en fais pas, ça va venir… Déjà, une personne qui s’était abonnée à mon blog m’a demandé de la désabonner. (Ce qui n’a aucune importance, cela dit.)

  5. La Vachère
    19 avril 2017 at 10 h 15 min

    Quelle idée aussi de t’attaquer à tous les gourous, franchement ! 😉

    Le commentaire de A.Maigrenome est très édifiant je trouve. Je n’avais jamais cherché à en savoir plus sur ce monsieur, comme déjà dit je m’étais arrêtée à ses premiers propos homophobes croisés, qui ont en quelque sorte valeur de « filtre » ou de grille de lecture pour moi.
    Je suis incapable de donner du crédit ou m’intéresser un tant soit peu à quelqu’un qui exprime des idées pareilles.

    Même s’il disait des choses passionnantes, vraies, intéressantes et utiles, je ne peux pas. Savoir qu’à côté de sujets tels, qu’il maîtrise sûrement, il se permet de dégoiser sur des trucs pas en rapport, et de s’appuyer sur des affirmations complètement fausses (oh, la belle et douce Nature parfaite !) ça remet en question tout le reste de son travail.
    S’il est aussi nul pour vérifier et renseigner ses affirmations homophobes, qu’est-ce qu’il en est pour le reste ?

    Sans compter que par principe, non. Je n’écoute pas de groupes négationistes, suprémacistes etc même s’ils font de la « bonne musique » qui me parle (exemple parfait : le groupe Peste Noire, dont j’écoute les tous débuts, parfois : le groupe n’était pas encore facho, le membre Neige était encore là, et si ils avaient les idées ils n’en parlaient pas. Quand le membre Famine a intégré le groupe et commencé à faire les textes, ça a viré, et ça je n’écoute pas. Mais là, le groupe a changé), alors je ne vais pas cautionner les propos d’un spécialiste puant.

    Des spécialistes intéressants, comme tu le dis, y’en a plein, et des tout à fait fréquentables !

  6. isa
    19 avril 2017 at 12 h 57 min

    moi non plus je ne connaissais pas ce côté là de P R….

  7. 19 avril 2017 at 20 h 55 min

    Toutes les 90 minutes?Je veux être un bonobo.

    • Philomenne
      20 avril 2017 at 0 h 05 min

      Je te reconnais bien là. Petite coquine !

  8. narvic
    20 avril 2017 at 19 h 09 min

    Salut

    Il est très bien ce billet, écrit sans animosité et avec précision. Il est utile… 😉

    Que Pierre Rabhi aille donc rejoindre M. Bourguignon au rang des idoles déboulonnées sur ce blog. :-))

    Un ou deux commentaires :

    – toujours se méfier, en effet, des personnalités qui déclenchent autour d’elles des réactions d’exaltation excessives. Ça ne sent jamais très bon…

    – la relation de Pierre Rabhi avec la religion me mets mal à l’aise. Il ne me semble pas très clair sur le sujet, dans ses déclarations publiques sur les médias de grande diffusion. On sent, car il le laisse deviner, que son engagement religieux est fondamental dans sa démarche, mais il reste toujours très vague, voire carrément flou, sur la nature réelle de cet engagement religieux. Pourquoi ?

  9. La Vachère
    9 mai 2017 at 19 h 34 min
  10. Outis
    10 mai 2017 at 1 h 36 min

    Salut Philomenne,

    Je lis ton blog depuis peu de temps, et je le trouve sympa et intéressant.
    J’aime aussi les pseudos, et les questions d’agriculture, d’environnement et de nature m’occupent pas mal moi aussi. Je me permets de commenter ce post là, en essayant d’être constructif, parce que je trouve qu’il détonne un peu avec le reste – à moins que ce ne soit mon commentaire qui détonne ?

    J’apprécie ta dénonciation de ce discours homophobe. Surtout que le gars justifie sa position en s’appuyant sur un état naturel fantasmé, comme tu le montres bien. C’est moche. Que ce dérapage vienne de Pierre Rabhi me déçoit, bien sûr, même si ça fait un bail que je me dis qu’on le vénère plus qu’on ne l’écoute. Éclairer ce genre de recoin sombre de sa pensée, ça devrait calmer ceux qui voudraient en faire un gourou. Et non, Rabhi n’est pas un surhomme, ce n’est qu’un humain, avec ses limites, ses faiblesses et ses contradictions. Le revoilà avec le commun des mortels. Tant mieux.

    Mais… (ben oui, y’a un mais) je trouve déplacé de disqualifier tout ce qu’il raconte en ne s’appuyant que sur ce point là. Déplacé, ou exagéré, ou contreproductif, tu choisiras – enfin vous choisirez, au vu des commentaires.

    Bref, pour faire court, si l’homophobie de Rabhi était la pierre angulaire de sa manière de vivre et de produire sa subsistance, je serais d’accord avec toi. Mais je ne crois pas que ce soit le cas. Tu condamnes toute sa parole en te focalisant que sur cette seule partie – inacceptable à mes yeux – et là je me dis que, du coup, tu amoindris ta critique contre lui.

    Rejeter toute une pensée à cause d’une partie, c’est dur à défendre, non ?

    Par exemple, si je reprenais ton post précédent (l’agriculture en mutation) et que j’argumentais comme ça :  » dès les premières lignes tu places l’agriculture comme la plus ancienne des activités humaines. C’est un contre-sens, l’agriculture est récente. Elle commence il y a 10 000 ans, alors que nous autres humains « sapiens » sillonnons le globe depuis 400 000 ans. Parlons plutôt nomadisme, pêche, chasse et cueillette, si on veut parler des fondamentaux ! Et puisque ton regard sur le monde se goure sur ce point, rien de ce que tu dis n’est à écouter… »

    Ce ne serait pas vraiment défendable d’argumenter comme ça, non ? Surtout que là il n’y a pas de question éthique.

    Peut être qu’on pourrait se dire que dans ce que propose Rabhi, il y a des choses à garder, et d’autres à bazarder d’urgence. Des pierres précieuses, des cailloux et de la boue. On pourrait en discuter pied à pied avec chacun, avec lui ou ses fans, d’ailleurs. Je me dis que ce serait plus enrichissant que de l’entourer d’un genre de no man’s land.

    Bon, j’arrête là.
    Et merci pour ton blog, il est sympa.
    Je vais continuer à le lire.

    • Philomenne
      10 mai 2017 at 22 h 31 min

      Je n’ai pas placé l’agriculture comme la plus ancienne des activités, j’ai juste posé la question. Mais admettons que je l’aie fait. C’est discutable, en effet. On peut en discuter. Et peut-être qu’à l’issue de la discussion, tu sauras montrer que tu as raison. Dont acte. J’aurai juste fait une erreur. Une erreur qui n’aura fait de mal à personne.
      Le discours de Rabhi sur l’homosexualité n’est pas une simple erreur. Il participe à un discours plus global, discriminatoire, qui tue des gens. Ce discours tue des gens, à l’heure où je t’écris, en Tchéchénie, où des homosexuels sont arrêtés et placés dans des camps, torturés, assassinés. L’objectif est de les éliminer tous avant le début du ramadan (c’est dans quinze jours). A une époque pas si lointaine, pour ce genre de choses, on utilisait les mots « rafle », « camp de concentration » et « extermination ». (D’ailleurs, les homosexuels ont eu leur part à cette même époque ; ils portaient un triangle rose sur leur uniforme.) L’homophobie tue dans cette même Tchétchénie, où la police oblige des parents à tuer leurs enfants pour cause d’homosexualité. En ce moment même. L’homophobie tue dans les pays dominés par l’état islamique, où les hommes sont jetés du haut des immeubles et où les femmes subissent des « viols correctifs » (autrement dit des viols collectifs, pour leur redonner le goût du pénis et leur apprendre à se passer des hommes). Je passe sur les trop nombreux exemples hors de nos frontières… Pas chez nous ? L’homophobie tue en France aussi. A l’heure où je te parle, même si la loi me donne le droit d’épouser une femme, jamais il n’y a autant eu de jeunes jetés hors de chez eux pour cause d’homosexualité. Oui, des gens qui ont mis un enfant au monde, l’ont bercé, soigné, nourri, langé… ne voient aucun inconvénient, quinze ans plus tard, à le mettre à la porte sans recours ni ressource. Alors qu’on sait qu’ils deviendront des proies rêvées pour les proxénètes, les dealers et autres individus peu recommandables. Les associations qui les recueillent en témoignent, ils n’ont jamais été aussi nombreux. Et chez ces jeunes, il y a 7 fois plus de suicide que chez les autres. Ce n’est pas une idée en l’air, quand je dis que l’homophobie tue. Les parents entendent le discours homophobe et se sentent légitimes pour agir de la sorte. Les jeunes entendent ce discours et en souffrent. Dans le discours de Rabhi, ils entendent qu’ils ne sont pas conformes à la nature, qu’ils n’ont pas le droit d’exister. Comment se construire en tant qu’adulte dans ces cas-là ? Ce n’est pas juste une idée fausse, celle de Rabhi, mais une idéologie mortifère.
      Et c’est encore plus problématique lorsque cela vient de quelqu’un qui a plus ou moins une position de « guide » ou de « maitre à penser ». Parmi ses admirateurs, il y en a, des homophobes. J’en connais. On se dit « écolos-humanistes-de-gauche », éventuellement anar’, mais à condition que tout le monde aime et baise dans les clous, hein ! Le discours de Rabhi les conforte dans cette conviction.
      Une erreur ne tue pas. L’homophobie si, pour de vrai. Alors non, on ne peut pas mettre les deux sur le même plan. Je peux continuer à lire quelqu’un qui fait des erreurs. Sans problème. Mais je condamne définitivement les propos discriminatoires, quels qu’ils soient, et je n’écoute plus celui qui les tient.
      D’ailleurs, ton argumentation est précisément celle que je récuse : c’est pas grave parce que le reste, c’est bien. Donc je repose la question : Si Rabhi disait que la famille juive/noire met en péril l’avenir de l’humanité, est-ce que tu dirais que c’est pas si grave parce qu’après tout, ce n’est pas la pierre angulaire de son discours ? Non ? Alors pourquoi trouves-tu un discours discriminatoire contre les juifs/les noirs inentendable et le même discours discriminatoire envers les homosexuels pas si grave ? Tu dis que son discours homophobe est inacceptable sauf que… tu l’acceptes, en triant, en faisant mine de ne pas voir… Tu l’acceptes.

      • La Vachère
        12 mai 2017 at 16 h 04 min

        <3 Philo je t'aime <3

      • Outis
        13 mai 2017 at 17 h 23 min

        Bon, je n’ai pas envie d’y passer trop d’énergie, il y a assez de trolls comme ça.

        Désolé, Philomenne, de t’avoir mise en colère. Je n’aime pas causer à coup de « tu fais ceci », mais là tu te goures : je n’accepte rien, je ne cautionne rien (relis), et je ne tolère plus les discours homophobes (je suis concerné), que n’importe quel discours qui appelle à la haine (ou à la pitié, d’ailleurs). Je ne défends pas plus Rabhi, le bonhomme, que sa pensée.
        Et non, ce que tu dis de l’agriculture pourrait ne pas être anodin. Dans la litanie des persécutés, pour revenir au point Godwin, il y a les derniers nomades d’Europe, les tsiganes, qui ont aussi garnis les camps hier et qui sont très largement détestés aujourd’hui. Plus largement, l’extermination des derniers nomades et chasseurs cueilleurs est presque finie. Les sédentaires ont gagnés. Tu trouveras des nouvelles des derniers survivants chez des assos comme Survival international (All Out c’est presque rafraichissant à côté, pour te dire).

        Bon, j’essaie encore de me faire comprendre : ce que je dis, et c’est qu’on peut lire quelqu’un qui a des idées à la con – pour peu qu’on ait une lecture critique. Ce que je trouve dans ton post.
        Après, quand tu dis qu’il ne faut pas lire Rabhi, parce qu’il a des idées dangereuses, là ça me questionne. Pour moi, c’est le chemin qui mène, au nom de la bonne cause, à commencer par brûler les bouquins – plus si affinité.

        Bref, je préfère les discussions aux barricades, voilà, et j’avais l’impression que tu partageais cette idée, alors je te le signalais.

        • Philomenne
          28 mai 2017 at 15 h 42 min

          Pfiou. Tu as l’art de l’interprétation…
          * Je n’ai jamais dit, ni écrit, qu’il ne fallait pas lire Rabhi. Chacun lit ce qu’il veut. Et je suis d’accord sur le fait que ce qui compte, c’est d’avoir une lecture critique. Mais ce que je conteste, c’est la surexposition médiatique du bonhomme (c’est différent). Et j’aimerais que les journalistes tendent leur micro à quelqu’un d’autre, de temps en temps. Rien que pour qu’on puisse découvrir d’autres personnes.
          * Ce que je disais de l’agriculture était une simple question oratoire… en aucun cas une affirmation. Est-ce que ça mérite ce développement ?
          * Et enfin… je ne suis pas en colère ou en tout cas pas de ce que tu écris. Ce qui me met en colère (entre autres), c’est le discours homophobe du grand gourou ardéchois. (Et passage, tu t’en ficherais si tu n’étais pas concerné ? J’espère que non…)

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