Le prétendu sage et la belle nature

On me demande dans un commentaire si j’envisage de parler de Pierre Rabhi et, ça tombe bien, il a été récemment interviewé dans Reporterre. Alors d’accord, parlons-en.

Le discours de Pierre Rabhi sur l’écologie et l’agriculture est pertinent, je ne peux dire le contraire. Malheureusement, son propos sort régulièrement de ce domaine pour s’aventurer sur des sujets de société et, en la matière, il est consternant. Il  développe l’homophobie la plus virulente et la plus assumée qui soit, en prenant prétexte de « la nature ».

Ce discours réactionnaire se trouve dans les livres de Rabhi et, également, dans certaines de ses interviews. Il y a un peu plus de deux ans, par exemple, il donnait pour une radio chrétienne une interview qui a été transcrite par les Enragés 1 On y trouve notamment une phrase extraite d’un de ses livres :

(…) loin de toutes hypocrisie ou complaisance, et avec tout le respect dû aux personnes, je considère comme dangereuses pour l’avenir de l’humanité, la validation de la famille «homosexuelle», alors que par définition cette relation est inféconde (…)

Passons sur la contradiction qui consiste à dire à une personne qu’on la respecte tout en lui refusant la possibilité d’avoir les mêmes droits que les autres. Parler de « danger pour l’avenir de l’humanité » est délirant. Pire encore, Pierre Rabhi, en guise d’argument, en appelle à « la norme » établie par « la nature » :

C’est que pour qu’il y ait procréation, il faut mâle et femelle. L’abeille a besoin de… la reine a besoin d’un mâle, une chèvre a besoin d’un bouc, la vache a besoin d’un taureau.

Ainsi donc, si l’on s’en rapporte à « la nature », tout le monde devrait être hétérosexuel et cisgenre 2 ? Sauf que… dans la nature, c’est loin d’être le cas.

Puisque Monsieur Rabhi  prend l’exemple des abeilles, examinons leurs mœurs de plus près. Que se passerait-il si nous prenions exemple sur elles ?

Je suis gavée par des nourrices dans l’objectif d’arriver le plus rapidement possible à la puberté. Sitôt pubère, je tue mes sœurs dans leur berceau et je suis jetée dehors. Je dois obligatoirement rejoindre un endroit où se trouvent de nombreux mâles avec lesquels je dois m’accoupler. Besoin d’UN mâle ? En réalité, besoin de beaucoup. Jusqu’à 18 ! Et je dois revenir enceinte. Fratricide et polyandrie.

On continue ?

Je suis à la fois homme et femme. J’ai des relations sexuelles avec un congénère qui est dans le même cas que moi. Au final, cela nous permet d’avoir l’un et l’autre des enfants. Intergenre, pansexualité.

Je suis une femme, je suis capable de faire un enfant toute seule. Parthénogenèse. Pour le « besoin du mâle », on repassera.

Est-il encore besoin de donner des détails sur les bonobos, ces grands singes avec lesquels nous avons plus de 99 % de gènes en commun ? Si je fais comme les bonobos, j’ai des relations sexuelles en moyenne toutes les 90 minutes, avec des garçons comme avec des filles, indifféremment. Et pas seulement pour la reproduction ! Bisexualité.

Je suis un homme. J’ai des relations sexuelles avec un autre hommes et nous échangeons des spermatozoïdes. Ensuite, je deviens une femme, je produit des ovocytes que je féconde avec les spermatozoïdes reçus de mon partenaire et je mets mes enfants au monde. Homosexualité, transidentité.

Enfin et plus généralement, chez les animaux non plus il n’y a pas que des comportements à visée reproductrice. Des « comportements homosexuels » ont été observé chez bien des espèces. Sans, d’ailleurs, que cela soit un handicap à la reproduction.

Je m’arrête là, on aura compris l’idée. En mettant en avant l’argument de « la nature », Pierre Rabhi fait surtout étalage de bêtise et d’ignorance, car la nature est plurielle et complexe. Il utilise cet argument soit-disant irréfutable pour servir une idéologie intolérable. En réalité, si l’on veut vraiment se référer à la nature, il convient d’accepter toutes sortes de mœurs 3, sans restriction ni commentaire. Il oublie qu’en outre, l’homme est un être de culture. On ne peut seulement en référer à la nature et nier tout ce qui fait d’un être humain une personne dotée d’une conscience et d’un libre arbitre.

Le problème, c’est que cet étalage d’intolérance réactionnaire discrédite la totalité du discours de Pierre Rabhi. Oh, bien sûr, il s’en trouve pour dire qu’il ne faut pas s’arrêter à cela, que ce n’est pas si grave, puisque le reste est « génial ». Et c’est probablement pour cette raison que Reporterre, revue que par ailleurs j’apprécie beaucoup, continue à donner la parole à Pierre Rabhi. Je ne suis pas d’accord. Hervé Kempf, avec toute l’estime que j’ai pour vous, si vous passez par ici, je ne suis pas d’accord et pour la raison suivante : Si, par exemple, Pierre Rabhi se mettait à dire que la famille juive est dangereuse pour l’avenir de l’humanité, vous trouveriez cela intolérable 4 et vous ne lui donneriez plus la parole. Alors, pourquoi l’homophobie vous est-elle supportable alors que l’antisémitisme ne le serait pas ? Pourquoi tolérez-vous des propos discriminatoires envers certaines personnes quand vous ne les tolèreriez pas envers d’autres ?

On voulait que je parle de Pierre Rabhi. Alors voilà : J’aimerais infiniment que nos médias, toutes tendances confondues, cessent de lui donner la parole. Il y a d’autres personnes, également écologistes, également conscientes des enjeux environnementaux et agricoles, qui peuvent en parler sans faire étalage de bêtise et d’intolérance. C’est à elles qu’il faut tendre le micro.

 

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Notes:

  1. Le lecteur pourra lire la totalité de la transcription sur leur site.
  2. On est cisgenre quand on a été déclaré fille ou garçon à la naissance et que l’on vit en harmonie avec cela. Dans le cas contraire, on est transgenre.
  3. Tant que tout le monde est majeur et consentant, bien entendu
  4. Du moins, je l’espère.

25 comments for “Le prétendu sage et la belle nature

  1. dorigord
    16 avril 2017 at 15 h 30 min

    Je ne connaissais pas Pierre Rabhi sous cet angle, car je n’ai pas lu beaucoup de livres de lui, et très peu d’interviews.
    Je t’approuve tout à fait et tu as raison de souligner son positionnement très ancré avec les réactionnaires. Je croyais qu’il était beaucoup plus ouvert. Dommage pour lui!
    Merci pour toutes tes analyses!!

    Passe une bonne journée

  2. lorju
    17 avril 2017 at 18 h 26 min

    Bonsoir Philommène,

    Super ravi de te retrouver, mais bon, tu viens juste d’ébranler ma foi en Pierre Rahbi dont je découvre avec grande tristesse ce côté du personnage.
    Je partage entièrement ton analyse, mais j’aimais beaucoup l’écouter, maintenant après cette éclairage, les choses vont êtres différentes !!!
    Encore une fois, je suis sincèrement ravi de te relire.
    Bon courage pour tes multi activités et merci encore !!!

    • Philomenne
      17 avril 2017 at 18 h 32 min

      Tu m’en vois navrée. Moi la première, j’aurais préféré qu’il soit totalement humaniste…

  3. A.Maigrenome
    18 avril 2017 at 12 h 23 min

    D’une secte à l’autre ! Oui, les esprits faibles vont d’une secte à l’autre.

    P.R. est un catholiciste, allant jusqu’à prénommer un de ses fils « Vianney », du patronyme d’un cinglé dont un pape a fait un saint. Pauvre fils !

    Sur son ego, il suffit de regarder le prospectus qu’il avait fait imprimer pour sa candidature à la présidentielle de 2002. Grandes photos du maître, mais peu de concret.

    Sur ses théories agronomiques, elles ne sont pas généralisables mais il veut les faire appliquer partout.

    Si ce n’est pas une secte, qu’est-ce ?

    Sur la famille naturelle, je ne sais rien, mais sur la seconde famille, il y a des faits, des jugements : « A ton âge on ne tombe pas enceinte. » voir l’adresse : http://www.liberation.fr/societe/2005/11/05/violee-chez-sa-seconde-famille_538151

    P.R. n’a encore rien dit sur les décroissants démographiques. Attendons sa sentence !

  4. La Vachère
    18 avril 2017 at 15 h 06 min

    Comme je te l’ai dit par sms, je suis tout à fait d’accord avec toi.

    Ici, en Ardèche, c’est limite « le grand maître » ; quand les gens en parlent, c’est avec déference, etc…
    Le peu que j’avais lu sur lui m’avait considérablement refroidie, notamment ces propos homophobes…

    Ceci dit, c’est surprenant ; ou alors ton article n’est pas encore très référencé, tu n’as pas encore été envahie par les fanatiques idolâtres venus te pourfendre !

    • Philomenne
      18 avril 2017 at 15 h 11 min

      Mon article est récent mais ne t’en fais pas, ça va venir… Déjà, une personne qui s’était abonnée à mon blog m’a demandé de la désabonner. (Ce qui n’a aucune importance, cela dit.)

  5. La Vachère
    19 avril 2017 at 10 h 15 min

    Quelle idée aussi de t’attaquer à tous les gourous, franchement ! 😉

    Le commentaire de A.Maigrenome est très édifiant je trouve. Je n’avais jamais cherché à en savoir plus sur ce monsieur, comme déjà dit je m’étais arrêtée à ses premiers propos homophobes croisés, qui ont en quelque sorte valeur de « filtre » ou de grille de lecture pour moi.
    Je suis incapable de donner du crédit ou m’intéresser un tant soit peu à quelqu’un qui exprime des idées pareilles.

    Même s’il disait des choses passionnantes, vraies, intéressantes et utiles, je ne peux pas. Savoir qu’à côté de sujets tels, qu’il maîtrise sûrement, il se permet de dégoiser sur des trucs pas en rapport, et de s’appuyer sur des affirmations complètement fausses (oh, la belle et douce Nature parfaite !) ça remet en question tout le reste de son travail.
    S’il est aussi nul pour vérifier et renseigner ses affirmations homophobes, qu’est-ce qu’il en est pour le reste ?

    Sans compter que par principe, non. Je n’écoute pas de groupes négationistes, suprémacistes etc même s’ils font de la « bonne musique » qui me parle (exemple parfait : le groupe Peste Noire, dont j’écoute les tous débuts, parfois : le groupe n’était pas encore facho, le membre Neige était encore là, et si ils avaient les idées ils n’en parlaient pas. Quand le membre Famine a intégré le groupe et commencé à faire les textes, ça a viré, et ça je n’écoute pas. Mais là, le groupe a changé), alors je ne vais pas cautionner les propos d’un spécialiste puant.

    Des spécialistes intéressants, comme tu le dis, y’en a plein, et des tout à fait fréquentables !

  6. isa
    19 avril 2017 at 12 h 57 min

    moi non plus je ne connaissais pas ce côté là de P R….

  7. 19 avril 2017 at 20 h 55 min

    Toutes les 90 minutes?Je veux être un bonobo.

    • Philomenne
      20 avril 2017 at 0 h 05 min

      Je te reconnais bien là. Petite coquine !

  8. narvic
    20 avril 2017 at 19 h 09 min

    Salut

    Il est très bien ce billet, écrit sans animosité et avec précision. Il est utile… 😉

    Que Pierre Rabhi aille donc rejoindre M. Bourguignon au rang des idoles déboulonnées sur ce blog. :-))

    Un ou deux commentaires :

    – toujours se méfier, en effet, des personnalités qui déclenchent autour d’elles des réactions d’exaltation excessives. Ça ne sent jamais très bon…

    – la relation de Pierre Rabhi avec la religion me mets mal à l’aise. Il ne me semble pas très clair sur le sujet, dans ses déclarations publiques sur les médias de grande diffusion. On sent, car il le laisse deviner, que son engagement religieux est fondamental dans sa démarche, mais il reste toujours très vague, voire carrément flou, sur la nature réelle de cet engagement religieux. Pourquoi ?

  9. La Vachère
    9 mai 2017 at 19 h 34 min
  10. Outis
    10 mai 2017 at 1 h 36 min

    Salut Philomenne,

    Je lis ton blog depuis peu de temps, et je le trouve sympa et intéressant.
    J’aime aussi les pseudos, et les questions d’agriculture, d’environnement et de nature m’occupent pas mal moi aussi. Je me permets de commenter ce post là, en essayant d’être constructif, parce que je trouve qu’il détonne un peu avec le reste – à moins que ce ne soit mon commentaire qui détonne ?

    J’apprécie ta dénonciation de ce discours homophobe. Surtout que le gars justifie sa position en s’appuyant sur un état naturel fantasmé, comme tu le montres bien. C’est moche. Que ce dérapage vienne de Pierre Rabhi me déçoit, bien sûr, même si ça fait un bail que je me dis qu’on le vénère plus qu’on ne l’écoute. Éclairer ce genre de recoin sombre de sa pensée, ça devrait calmer ceux qui voudraient en faire un gourou. Et non, Rabhi n’est pas un surhomme, ce n’est qu’un humain, avec ses limites, ses faiblesses et ses contradictions. Le revoilà avec le commun des mortels. Tant mieux.

    Mais… (ben oui, y’a un mais) je trouve déplacé de disqualifier tout ce qu’il raconte en ne s’appuyant que sur ce point là. Déplacé, ou exagéré, ou contreproductif, tu choisiras – enfin vous choisirez, au vu des commentaires.

    Bref, pour faire court, si l’homophobie de Rabhi était la pierre angulaire de sa manière de vivre et de produire sa subsistance, je serais d’accord avec toi. Mais je ne crois pas que ce soit le cas. Tu condamnes toute sa parole en te focalisant que sur cette seule partie – inacceptable à mes yeux – et là je me dis que, du coup, tu amoindris ta critique contre lui.

    Rejeter toute une pensée à cause d’une partie, c’est dur à défendre, non ?

    Par exemple, si je reprenais ton post précédent (l’agriculture en mutation) et que j’argumentais comme ça :  » dès les premières lignes tu places l’agriculture comme la plus ancienne des activités humaines. C’est un contre-sens, l’agriculture est récente. Elle commence il y a 10 000 ans, alors que nous autres humains « sapiens » sillonnons le globe depuis 400 000 ans. Parlons plutôt nomadisme, pêche, chasse et cueillette, si on veut parler des fondamentaux ! Et puisque ton regard sur le monde se goure sur ce point, rien de ce que tu dis n’est à écouter… »

    Ce ne serait pas vraiment défendable d’argumenter comme ça, non ? Surtout que là il n’y a pas de question éthique.

    Peut être qu’on pourrait se dire que dans ce que propose Rabhi, il y a des choses à garder, et d’autres à bazarder d’urgence. Des pierres précieuses, des cailloux et de la boue. On pourrait en discuter pied à pied avec chacun, avec lui ou ses fans, d’ailleurs. Je me dis que ce serait plus enrichissant que de l’entourer d’un genre de no man’s land.

    Bon, j’arrête là.
    Et merci pour ton blog, il est sympa.
    Je vais continuer à le lire.

    • Philomenne
      10 mai 2017 at 22 h 31 min

      Je n’ai pas placé l’agriculture comme la plus ancienne des activités, j’ai juste posé la question. Mais admettons que je l’aie fait. C’est discutable, en effet. On peut en discuter. Et peut-être qu’à l’issue de la discussion, tu sauras montrer que tu as raison. Dont acte. J’aurai juste fait une erreur. Une erreur qui n’aura fait de mal à personne.
      Le discours de Rabhi sur l’homosexualité n’est pas une simple erreur. Il participe à un discours plus global, discriminatoire, qui tue des gens. Ce discours tue des gens, à l’heure où je t’écris, en Tchéchénie, où des homosexuels sont arrêtés et placés dans des camps, torturés, assassinés. L’objectif est de les éliminer tous avant le début du ramadan (c’est dans quinze jours). A une époque pas si lointaine, pour ce genre de choses, on utilisait les mots « rafle », « camp de concentration » et « extermination ». (D’ailleurs, les homosexuels ont eu leur part à cette même époque ; ils portaient un triangle rose sur leur uniforme.) L’homophobie tue dans cette même Tchétchénie, où la police oblige des parents à tuer leurs enfants pour cause d’homosexualité. En ce moment même. L’homophobie tue dans les pays dominés par l’état islamique, où les hommes sont jetés du haut des immeubles et où les femmes subissent des « viols correctifs » (autrement dit des viols collectifs, pour leur redonner le goût du pénis et leur apprendre à se passer des hommes). Je passe sur les trop nombreux exemples hors de nos frontières… Pas chez nous ? L’homophobie tue en France aussi. A l’heure où je te parle, même si la loi me donne le droit d’épouser une femme, jamais il n’y a autant eu de jeunes jetés hors de chez eux pour cause d’homosexualité. Oui, des gens qui ont mis un enfant au monde, l’ont bercé, soigné, nourri, langé… ne voient aucun inconvénient, quinze ans plus tard, à le mettre à la porte sans recours ni ressource. Alors qu’on sait qu’ils deviendront des proies rêvées pour les proxénètes, les dealers et autres individus peu recommandables. Les associations qui les recueillent en témoignent, ils n’ont jamais été aussi nombreux. Et chez ces jeunes, il y a 7 fois plus de suicide que chez les autres. Ce n’est pas une idée en l’air, quand je dis que l’homophobie tue. Les parents entendent le discours homophobe et se sentent légitimes pour agir de la sorte. Les jeunes entendent ce discours et en souffrent. Dans le discours de Rabhi, ils entendent qu’ils ne sont pas conformes à la nature, qu’ils n’ont pas le droit d’exister. Comment se construire en tant qu’adulte dans ces cas-là ? Ce n’est pas juste une idée fausse, celle de Rabhi, mais une idéologie mortifère.
      Et c’est encore plus problématique lorsque cela vient de quelqu’un qui a plus ou moins une position de « guide » ou de « maitre à penser ». Parmi ses admirateurs, il y en a, des homophobes. J’en connais. On se dit « écolos-humanistes-de-gauche », éventuellement anar’, mais à condition que tout le monde aime et baise dans les clous, hein ! Le discours de Rabhi les conforte dans cette conviction.
      Une erreur ne tue pas. L’homophobie si, pour de vrai. Alors non, on ne peut pas mettre les deux sur le même plan. Je peux continuer à lire quelqu’un qui fait des erreurs. Sans problème. Mais je condamne définitivement les propos discriminatoires, quels qu’ils soient, et je n’écoute plus celui qui les tient.
      D’ailleurs, ton argumentation est précisément celle que je récuse : c’est pas grave parce que le reste, c’est bien. Donc je repose la question : Si Rabhi disait que la famille juive/noire met en péril l’avenir de l’humanité, est-ce que tu dirais que c’est pas si grave parce qu’après tout, ce n’est pas la pierre angulaire de son discours ? Non ? Alors pourquoi trouves-tu un discours discriminatoire contre les juifs/les noirs inentendable et le même discours discriminatoire envers les homosexuels pas si grave ? Tu dis que son discours homophobe est inacceptable sauf que… tu l’acceptes, en triant, en faisant mine de ne pas voir… Tu l’acceptes.

      • La Vachère
        12 mai 2017 at 16 h 04 min

        <3 Philo je t'aime <3

      • Outis
        13 mai 2017 at 17 h 23 min

        Bon, je n’ai pas envie d’y passer trop d’énergie, il y a assez de trolls comme ça.

        Désolé, Philomenne, de t’avoir mise en colère. Je n’aime pas causer à coup de « tu fais ceci », mais là tu te goures : je n’accepte rien, je ne cautionne rien (relis), et je ne tolère plus les discours homophobes (je suis concerné), que n’importe quel discours qui appelle à la haine (ou à la pitié, d’ailleurs). Je ne défends pas plus Rabhi, le bonhomme, que sa pensée.
        Et non, ce que tu dis de l’agriculture pourrait ne pas être anodin. Dans la litanie des persécutés, pour revenir au point Godwin, il y a les derniers nomades d’Europe, les tsiganes, qui ont aussi garnis les camps hier et qui sont très largement détestés aujourd’hui. Plus largement, l’extermination des derniers nomades et chasseurs cueilleurs est presque finie. Les sédentaires ont gagnés. Tu trouveras des nouvelles des derniers survivants chez des assos comme Survival international (All Out c’est presque rafraichissant à côté, pour te dire).

        Bon, j’essaie encore de me faire comprendre : ce que je dis, et c’est qu’on peut lire quelqu’un qui a des idées à la con – pour peu qu’on ait une lecture critique. Ce que je trouve dans ton post.
        Après, quand tu dis qu’il ne faut pas lire Rabhi, parce qu’il a des idées dangereuses, là ça me questionne. Pour moi, c’est le chemin qui mène, au nom de la bonne cause, à commencer par brûler les bouquins – plus si affinité.

        Bref, je préfère les discussions aux barricades, voilà, et j’avais l’impression que tu partageais cette idée, alors je te le signalais.

        • Philomenne
          28 mai 2017 at 15 h 42 min

          Pfiou. Tu as l’art de l’interprétation…
          * Je n’ai jamais dit, ni écrit, qu’il ne fallait pas lire Rabhi. Chacun lit ce qu’il veut. Et je suis d’accord sur le fait que ce qui compte, c’est d’avoir une lecture critique. Mais ce que je conteste, c’est la surexposition médiatique du bonhomme (c’est différent). Et j’aimerais que les journalistes tendent leur micro à quelqu’un d’autre, de temps en temps. Rien que pour qu’on puisse découvrir d’autres personnes.
          * Ce que je disais de l’agriculture était une simple question oratoire… en aucun cas une affirmation. Est-ce que ça mérite ce développement ?
          * Et enfin… je ne suis pas en colère ou en tout cas pas de ce que tu écris. Ce qui me met en colère (entre autres), c’est le discours homophobe du grand gourou ardéchois. (Et passage, tu t’en ficherais si tu n’étais pas concerné ? J’espère que non…)

  11. 28 mai 2017 at 22 h 27 min

    Oh là là comme vous y allez ! « Réactionnaire » , passe encore, mais que « l’homophobie la plus virulente et la plus assumée » comme vous dites, se traduise par :  » loin de toutes hypocrisie ou complaisance, et avec tout le respect dû aux personnes, je considère comme dangereuses pour l’avenir de l’humanité, la validation de la famille «homosexuelle», alors que par définition cette relation est inféconde (…) » c’est largement disproportionnée. Excusez moi, mais vous développez vous-même dans votre avant- dernière réponse ce qu’est véritablement « une homophobie virulente et assumée ».
    Nous sommes bien, bien loin de cela avec Pierre Rhabi, à qui il ne faut pas donner plus d’importance qu’il n’en n’a. C’est un homme né en 1938, en Algérie, de culture musulmane et d’éducation catholique. Il est marié avec la même femme depuis la fin des années 50. Un peu de tolérance que diable !

    Qu’on lui tende trop et depuis trop longtemps le micro c’est indéniable. Que ces enseignements soient invalides à cause de cet avis, certainement pas ! Pour autant, ils sont pour la plupart dépassés, et je suis bien d’accord avec vous, il serait grand temps de donner la parole à d’autres !
    Après, pour élargir le débat et vu votre commentaire sur mon blog concernant le lien entre véganisme et transhumanisme, je suis surprise que vous ne voyez pas le rapport avec la légalisation et la promotion de la famille homoparentale. Car le débat est là. Sur la famille homoparentale. Et non pas, sur l’homosexualité ou le couple homosexuel. La liberté d’aimer qui on veut et le droit de se lier contractuellement, pour s’engager et se protéger avec la personne que l’on a choisit, me semble effectivement relever d’un juste combat pour l’égalité des droits.

    Après parler de « droit » à l’enfant me stupéfie, il n’y a pas de « droit à l’enfant ». Le droit à l’enfant ça n’existe pas. Ca ne veut rien dire.
    Par contre, absolument tous les humains ayant vécu sur cette planète sont issus de la rencontre d’un spermatozoïde (gamète mâle) et d’un ovule (gamète femelle). Donc, dire d’un couple homosexuel qu’il est infécond par nature, ce n’est ni lui manquer de respect, ni, et encore moins, lui dénier un quelconque droit, c’est juste un fait.
    Au niveau macro-social, encourager la famille homoparentale, c’est à dire favoriser la formation un couple stérile par nature, tout en lui affirmant qu’elle a un « droit à l’enfant » est effectivement dangereux. Car c’est créer une demande qui se croit « dans son droit », et légitimer, de fait, la fabrication et le commerce d’enfant. Tout simplement. Et hop, un pas de plus vers la marchandisation de l’humain sous couvert d’une bonne et noble intention… Pourquoi pas, demain, que des utérus artificiels contrôlés par les plus grandes firmes ? Au nom de l’égalité homme-femme, par exemple ?
    La preuve en est que si vous regardez qui, dans le monde, et en France, a soutenu « le mariage pour tous » vous y trouverez principalement des personnes ayant bien plus à voir avec le grand capital qu’avec la défense des libertés et droits humains.
    Au niveau microsocial, je ne saurais mieux dire que Pierre Rabhi, si vous me permettez ce trait d’humour ! :
    « Les attaques portées contre telle ou telle communauté humaine, telle ou telle orientation sexuelle, sont des violences inutiles. Tous les hommes doivent être libres de leurs initiatives sans avoir à supporter le regard ou la réprobation d’autrui. À cet égard, je pense qu’il ne faut pas porter de jugement moral ni édicter de censure. Je crois au contraire qu’il y a des espaces de vie où le respect seul doit l’emporter. Il en va de la liberté et de la responsabilité de chacun et, pour moi, le bonheur prime. »
    Amicalement, Maxime

    • Philomenne
      30 mai 2017 at 7 h 46 min

      Si vous contestez ce soit-disant « droit à l’enfant » pour les couples homosexuels, j’aimerais savoir pourquoi vous ne le contestez pas pour les couples hétérosexuels stériles… ça, on n’en entend jamais parler, et dans ce cas, tout le monde trouve normal l’accès à la PMA. Moi, ce qui me pose problème, dans cette histoire, c’est qu’on veuille interdire la PMA aux couples homosexuels tout en l’autorisant aux couples hétérosexuels. C’est de la discrimination. Vous être contre la PMA parce que vous vous opposez à la marchandisation de l’humain ? D’accord. Il y a effectivement des arguments et de solides. Mais dans ce cas, il faut l’interdire à tout le monde. Si vous militez pour qu’on l’interdise à tout le monde, moi ça me va aussi. Alors ?

      Par ailleurs, j’aimerais attirer votre attention sur le fait que les couples homosexuels qui adoptent un enfant, adoptent un enfant conçu et abandonné par des hétéros…

      Et enfin, non, je ne tolère pas ce genre de discours. Si Monsieur Rabhi tenait des propos antisémites (après tout il est né à une époque où ce genre de discours était normal), vous diriez qu’il faut tolérer ? Quant au fait qu’il soit marié depuis si longtemps avec la même personne, je ne vois pas ce que ça vient faire là. Et alors ?

  12. 31 mai 2017 at 20 h 13 min

    Oui, j’ai écris ma réponse entre la préparation du repas et l’arrosage du jardin, et je n’ai pas pris le temps de préciser, c’est bien « le droit à l’enfant » que je trouve très dangereux, pour un couple hétéro comme pour un couple homo. Et vu la baisse drastique et exponentielle de la fertilité des habitants des pays occidentaux, on peut même se demander même si la promotion un peu soudaine et mondiale de la famille homoparentale, ne sert pas justement à assoir cette notion de « droit de l’enfant » et nous habituer à ce que les enfants ne soient plus conçus naturellement et qu’il devienne courant d’en faire commerce. Ainsi, aux USA, où les choses sont plus « avancées », il devient banal que des célébrités ou autres fassent porter leurs enfants par des mères porteuses, sans avoir de raisons médicales de le faire, juste par souci d’esthétisme ou de carrière professionnelle. Et il existe un véritable marché de « l’enfant adopté d’occasion », avec petites annonces et photos… Des cliniques très privées expérimentent l’utérus artificiel et depuis 3 ans se tient un salon de « l’enfant » à Bruxelles, à l’instar d’un salon automobile. Pour environ 60 000 euros, on peut avoir un bb par mère porteuse, une assistance juridique pour contourner la législation, éventuellement contraire, du pays d’origine et avec supplément, on peut choisir le sexe et même, il me semble, la couleur des yeux !
    Je crois qu’avant d’être des hétéros ou des homos, on est avant tout des êtres humains qui ne pouvant que frémir devant de telles dérives.
    Je crois que les vrais méchants, ce sont ceux qui organisent tout cela, qui instrumentalisent les souffrances et les revendications des gens au gré de leurs intérêts toujours mercantiles. C’est devenu un réflexe chez moi, à chaque fois que les grands médias et les politiques montent au créneau pour une cause qui semblent humaniste, je regarde derrière pour voir où sont planqués les intérêts du grand capital et ça ne rate jamais, il y en a toujours. La préoccupation environnementale conduit au crédit carbone. La lutte contre la faim crée les OGM, l’accueil des migrants invente le travail rémunéré à 80 centimes de l’heure dans un des pays les plus riche du monde… avec ça, tout débat est verrouillé car, à par en très rares espaces de parole (comme celui çi semble-t-il ) impossible de porter un regard critique sur le moindre de ces sujets sans se faire taxer au choix d’homophobe, d’assassin climato-inconscient, de raciste…etc Je suis également pour bien garder à l’esprit qu’il faut différencier conviction intime, paroles prononcées et actes posés.. sinon c’est un peu la porte ouverte à la police de la pensée, au procès d’intention, et à l’interprétation tout azimut.

    Face à cela, je pense que nous devons être vigilants par rapport à ce qui peut nous diviser, toujours vérifier que ce n’est pas une division instrumentalisée, mise en scène, exagérée, qui nous masque surtout l’énorme point de convergence que l’on pourraient trouver malgré nos désaccords sur l’urgence, la priorité absolue, de se lutter contre le joug capitaliste, qui attaque chaque jour nos besoins les plus vitaux: respirer, manger, boire, aimer.
    En ce sens, je pense que les enjeux sont trop graves pour se tromper de cible ou se disperser dans des luttes mineures organisées par le système capitaliste.
    Je ne connais pas Pierre Rabhi, personnellement. En tant que mère et femme, je le respecte car il a élevé cinq enfants et c’est un ancien. En tant qu’agricultrice je lui suis reconnaissante d’avoir contribué à la cause de l’agroécologie, en tant qu’esprit critique j’avoue être beaucoup plus circonspecte sur le travail des dernières années, notamment le projet autour du hameau des Buis. Et je trouve que ses dernières interventions et prises de paroles font disque rayé, mais je pense sincèrement que Pierre Rabhi n’a rien d’un homophobe dangereux, c’est juste un vieil homme d’une autre époque (d’où mon évocation de son mariage à la fin des années 1950, soit dix ans avant mai 68, quand même), à qui on demande trop son avis sur des sujets n’ayant aucun rapport avec son domaine d’expertise.
    Mais bien sûr libre à vous de penser le contraire !
    Amicalement,
    Maxime

    • Philomenne
      5 juin 2017 at 10 h 14 min

      Je peux comprendre et respecter votre point de vue. Néanmoins je suis d’un avis contraire. Je suis favorable à la PMA et à la GPA pour les raisons suivantes :
      – Au nom de l’égalité. Tant qu’on n’aura pas interdit la PMA aux hétéros, on doit l’autoriser pour tout le monde. C’est tout le monde ou personne. Mais je ne peux pas accepter une situation discriminatoire.
      – Légaliser permet d’encadrer les pratiques. Si je puis me permettre un parallèle, c’est la même chose que quand on a légalisé l’interruption volontaire de grossesse. ça se faisait déjà de toute façon mais dans des conditions épouvantables et des femmes souffraient et mourraient. Légaliser a permis d’améliorer les conditions dans lesquelles cela se pratiquait et d’arrêter l’hécatombe. Aujourd’hui, la PMA est pratiquée de toute façon. Celles qui ont les moyens vont en Belgique ou en Espagne, celles qui ne les ont pas trouvent un géniteur et font une PMA « artisanale ». Et ensuite, tout le monde ferme les yeux puisque de toute façon, l’enfant est là, on ne va pas le noyer. Légaliser la PMA permettrait d’encadrer les pratiques, d’éviter les dérives et de rétablir l’égalité, face à l’argent notamment. (bien sûr, on peut dire yakapa faire d’enfant… mais vous n’empêcherez jamais une femme qui a un désir d’enfant d’être enceinte.) Et on n’est pas obligé de tolérer les dérives que vous dénoncez, à juste titre. D’ailleurs, à l’heure actuelle, en France, je ne sache pas qu’un couple hétéro puisse choisir quoi que ce soit au moment d’une PMA donc je ne vois pas pourquoi l’autoriser à tout le monde devrait changer cela. Au contraire, légaliser permet de mettre des limites. Quant à la GPA, elle se pratique aussi déjà, sous le manteau et dans des conditions très discutables pour la mère porteuse parce que justement, hors de toute légalité. Là encore, légaliser permettrait d’encadrer et sécuriser les choses.

      Quant à Monsieur Rabhi, je le redis, si, ses propos sont dangereux. Les gens qui l’écoutent béatement sont nombreux et parmi eux, il y a de solides homophobes. Ses propos légitiment leur homophobie et ensuite, ce sont ces personnes-là qui se sentent en droit de mettre un gamin de 15 ou 16 ans à la porte, par exemple (taux de suicide multiplié par 8 chez ces jeunes par rapport aux autres). Si vous trouvez que ce n’est pas dangereux, que vous faut-il ? Je vous invite à la lecture de ce texte si vous souhaitez un autre avis que le mien.
      Quant à son âge… On peut être vieux et ouvert d’esprit, ce n’est pas incompatible ! Et je suis d’accord sur le fait qu’on lui demande trop son avis sur tout mais il accepte de répondre, aussi. Donc il doit en assumer les conséquences.

  13. changement climatique etc
    8 juin 2017 at 8 h 48 min

    blog sans pub

     

    • Philomenne
      11 juin 2017 at 14 h 27 min

      Un commentaire bateau écrit à seule fin de nous fourguer votre camelote et vous pensiez que je ne me rendrais compte de rien…

  14. 15 juin 2017 at 10 h 05 min

    Rha c’est rageant, toujours pas d’homme ou de femme providentielle en vue donc…
    (J’arrive du post sur Claude Bourguignon, deux déceptions en 5 min ! Dur ! ( mais avez-vous écouté l’émission où lui et Lydia Bourguignon intervenaient ? J’ai eu l’impression qu’en 5 ans ils avaient peut-être évolué… https://www.franceinter.fr/emissions/la-tete-au-carre/la-tete-au-carre-13-juin-2017))
    Je suis découragée quand je constate que des gens de « mon » camp ne sont pas aussi formidables que je croyais. Pas tellement pour ma déception personnelle que parce que les simplifications et la mauvaise foi vont desservir les causes que je crois bonnes. Je suis découragée parce que j’ai l’impression que ça fait perdre du temps, et que ce temps est précieux…

  15. Fanny
    20 juin 2017 at 21 h 52 min

    Merci pour cet article qui nous faire connaître cette facette détestable de Pierre Rabhi, que je ne connaissais pas sous cet angle. L’article de Libé est édifiant par ailleurs!!

    En ce qui me concerne, j’ai eu la « chance » de pouvoir passer un we début 2008 dans son hameau du sud Ardèche, de passage dans le coin avec une amie qui allait elle-même rendre visite à une amie volontaire sur place.

    De membre de la famille Rabhi, je n’ai point croisé. Seulement les volontaires et bénévoles présents sur place à ce moment pour les travaux des maisons, de l’école, etc.

    J’ai littéralement HALLUCINE de l’ambiance sectaire du lieu et du profond mépris pour les habitants du village un peu plus bas. Les bénévoles et volontaires présents sur place prônaient un modèle de vie s’apparentant à un certain fascisme alimentaire (100% bio tendance vegan – ils n’allaient surtout pas chercher du pain en bas au village) avec un niveau d’intolérance très élevé envers « les gens qui n’avaient rien compris » à la révolution culturelle qu’ils étaient eux-mêmes en train de vivre, jeunes citadins ou paumés, avec le fameux (et tendance) retour à la terre

    C’était il y 9 ans déjà, et ça m’avait déjà bien refroidie sur le philosophe Rabhi, que j’avais découvert et tant admiré lors d’une conférence à Nancy, alors étudiante en agronomie. Ce que je viens de lire là enfonce un peu plus le clou!

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