Ma ville en transition (feuilleton) chapitre 2.3

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(Suite de ce billet )

*

Débordée

 Deuxième réunion : faite 

Participants : dix-sept

Journaliste : un

Blog : transféré sous WordPress avec un nom de domaine réservé rien que pour nous, tendance « on est des pro ».

Assurance, compte à la banque : OK

Comité de pilotage : fait

Adhérents : seize

C’est ce moment délicat où un enthousiasme a été créé, un élan, un espoir… qu’il ne faut pas laisser refroidir, surtout pas, ce moment où le pêcheur sent que ça mord mais qu’il faut garder le poignet à la fois souple et ferme, pour ne pas laisser échapper le poisson, juste avant de ferrer. Non, le poisson, ce ne sont pas les adhérents tout beaux, tout neufs mais bien le projet lui-même. Ce projet est aujourd’hui une petite flamme. Soufflons dessus, assez pour l’entretenir et la faire grandir, pas trop, pour ne pas l’éteindre.

Ce n’est pas que manquent les convictions, les envies, les enthousiasmes. Mais le temps, oui, juste le temps… qui fait le lit de la peur des participants potentiels, la peur qui pourrait prendre le pas, celle d’être happé au détriment du reste de sa vie, de ses enfants, de son métier, car curieusement, aucun des participants n’est un riche rentier célibataire et désœuvré… mais des jeunes parents salariés et éventuellement déjà militants par ailleurs, plutôt. Arriver à convaincre sans faire fuir, dire et redire, que le projet ira à la vitesse où il doit aller et si c’est vite, tant mieux, et si c’est lentement, tant mieux. « Ne vous inquiétez pas d’aller lentement, inquiétez-vous seulement si vous êtes arrêté », dit un proverbe chinois. Ne vous inquiétez pas de travailler lentement, pour peu que le projet avance, dit le transitionnaire débutant. Le projet va son chemin et tant que nous le tenons, il va bien.

Sauf que.  Il y a du travail, du travail prenant, du travail pas forcément palpitant et qui ne peut pas attendre, c’est un fait. Et puis ne pas laisser s’éteindre, c’est prévoir la suite, tout de suite, même si ce n’est pas pour maintenant. Annoncer une date, dire qu’on a avancé, avoir une bonne raison de communiquer pour ne pas laisser refroidir, pas oublier, pas passer à autre chose. Donc aujourd’hui le bureau s’appuie l’essentiel du boulot. Le bureau en général, la présidente en particulier. Non pas qu’elle s’en plaigne, d’ailleurs, la présidente, elle était volontaire. Mais elle est dé-bor-dée…

Passer des coups de téléphone, trouver une banque et ouvrir le compte, faire patienter l’assurance le temps que les cotisations soient assez nombreuses pour régler la facture, prévoir la prochaine réunion, caresser le comité de pilotage dans le sens du poil, concilier les impératifs des uns et des autres, fabriquer un blog digne de ce nom, trouver de l’aide au passage, partir en formation… et garder un œil sur l’horizon.

Soyons honnête : la présidente se régale. Travailler à ce projet en particulier, quoi de plus utile, quoi de plus enthousiasmant ? C’est tout juste si elle ne se prendrait pas à rêver d’être payée pour faire ce travail-là… ne rêvons pas. Pôle emploi se charge du retour sur terre : convocation pour « faire le point » (comme en termes élégants ces choses-là sont dites), munie de « preuves » de sa recherche d’emploi (je me disais, aussi…). Que le lecteur se rassure, les preuves ne manquent pas. Mais en attendant d’être débordée par son prochain travail, la présidente est à fond, en transition.

Puisse cette énergie être suffisante pour donner une impulsion durable.

à suivre…

Le premier billet de la série se trouve .

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2 comments for “Ma ville en transition (feuilleton) chapitre 2.3

  1. isa
    28 mars 2012 at 7 h 52 min

    bravo, 16 membres ! le démarrage d’une association, c’est un moment stressant mais très intéressant. Je vois aussi un autre objectif : fédérer d’autres associations dans d’autres lieux, mais ça existe peut être déjà!!!

    • Philomenne
      28 mars 2012 at 23 h 00 min

      ça se fait effectivement et ça se fera aussi ici, si c’est possible. Tisser des liens avec d’autres initiatives de transition, également… nous avons déjà commencé, avec des transitionnaires en Belgique, notamment. Et j’ai rendez-vous avec le représentant d’un territoire en transition pas très loin de chez toi, dans quelques temps…

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