Ma ville en transition (feuilleton) chapitre 3.1

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(Suite de ce billet )

En reportage

La présidente en voyage, transformée l’espace de quelques heures en petit reporter, s’aventure dans les contrées magnifiques des pionniers de la transition. Le Trièves. Petit pays du sud Isère, le Vercors, son Mont Aiguille, ses champs, ses forêts, ses bouffettes de Mens, son centre écologique, la montagne, le ciel, la campagne… Le Trièves dont Romieu vous dirait que c’est le plus beau pays du monde et ma foi, c’est peut-être bien vrai. le Trièves et son groupes de transitionnaires, un des premiers de France. De ceux qui ont eu le mérite de commencer quand la notion n’était pas du tout connue, qu’il n’y avait aucune formation ni aucune personne ressource en France et uniquement des documents en anglais.

A l’un de ces courageux*, j’ai posé une seule question : Comment avez-vous commencé, comment avez-vous fait, au début ? Réponse : en tâtonnant, en essayant. De notre conversation (deux bonnes heures, quand même) j’ai retenu beaucoup de choses, dont l’essentiel est « ne pas s’inquiéter si on a l’impression de patauger ». C’est normal, au début, de n’être qu’une poignée de déjà convaincus. C’est normal d’avoir l’impression que ça ne décolle pas. Ne pas se décourager, continuer, tenir bon ; faire démarrer une initiative de transition est un travail de longue haleine. Ronger patiemment son frein en attendant que le groupe s’étoffe.

graffiti-2---CIl faut bien le dire : le film « En transition » a ceci de trompeur, malgré ses nombreuses qualités, qu’il fait croire que les débuts sont faciles et rapides. Il oublie de dire qu’à Totnes, Rob Hopkins a semé dans le terreau fertile d’une communauté déjà sensibilisée, où de nombreuses personnes étaient toutes prêtes à s’embarquer dans l’aventure. C’est tant mieux, parce qu’il a pu très rapidement mettre sur pieds un travail d’envergure, propre a montrer que ça marche. Le revers de la médaille, c’est qu’il suggère que ça marche tout seul ou presque, alors que si on commence dans une communauté ordinaire et pas spécialement sensibilisée aux questions énergétiques, il faut du temps pour arriver à une prise de conscience suffisante. Le temps d’amener une partie significative de la population à la connaissance du pic pétrolier. Il a donc l’avantage de susciter un élan et un enthousiasme mais risque dans un second temps d’entraîner un certain découragement, alors que le travail avance normalement, c’est-à-dire lentement.

Mieux vaut le savoir, à mon avis : dans la réalité d’un territoire ordinaire, on rencontre plus d’obstacles et de résistances que ce qui a été montré dans les divers documents parlant de transition. Cela ne signifie pas qu’il faille laisser tomber, au contraire. Mais savoir à quoi s’attendre. Savoir que l’on commence un travail sur du long terme, c’est-à-dire s’organiser pour résister à l’essoufflement, en s’accordant des pauses, notamment. Etre inclusif mais ne pas se laisser maltraiter. Ne pas centrer sa propre vie autour de la transition mais cultiver ses centres d’intérêts, quitte à ralentir le rythme. Apprendre la patience. Et surtout, si on veut que ça marche, s’intéresser aux gens. A tous les gens. Les jeunes, les anciens, les pauvres, les bornés, ceux qui ne votent pas comme nous, oui, même ceux-là, ceux qui ont des idées toutes faites, ceux qui pensent que ce n’est pas la peine de s’inquiéter parce qu’ILS trouveront bien quelque chose, aux élus, à ceux qui s’en foutent… tous. Et rester en lien avec les autres transitionnaires, ne serait-ce que pour se remonter le moral pendant les passages à vide.

 

à suivre…

Le premier billet de la série se trouve .

* J’en profite pour le remercier du temps qu’il m’a consacré. C’était vraiment gentil de sa part.

NB : Photo prise sur le bord d’un chemin, près de Clelles, sur la route de Chichilianne.

 

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4 comments for “Ma ville en transition (feuilleton) chapitre 3.1

  1. Romieu
    29 mai 2012 at 23 h 35 min

    Merci pour ton compte-rendu, ça fait chaud au cœur. Le genre de choses qui te font dire, du fond de ton pessimisme gai -clin d’œil à Moustaki – que, si, c’est possible.

    Et pour le Trièves, oui, je confirme. Merci aussi pour le clin d’œil.

    • Philomenne
      30 mai 2012 at 9 h 00 min

      Ah, la tentation du clin d’œil… je résiste mal… ;o)

  2. isa
    1 juin 2012 at 19 h 49 min

    je crois que ta réflexion est la bonne : le temps de l’assimilation… seulement quand on croit à quelque chose, on a envie que ça avance, on est déjà convaincu…

    • Philomenne
      1 juin 2012 at 22 h 30 min

      Oui. En bref, il faut que j’apprenne à calmer mon impatience… ;o)

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