Incident de niveau 1 à Flamanville

C’était hier soir, je ne vais pas dérouler ici toute l’histoire de l’incident ; des médias (à cet endroit par exemple) l’ont fait bien mieux que je ne saurais le faire. Le problème est maitrisé, tout va bien. J’entends ricaner au fond de la salle. Mais puisqu’on vous dit que tout va bien ! Pourquoi, alors, ces frissons sur ma peau ? Tout va bien ?

Tout va-t-il si bien ? C’est la question. Il me semble me rappeler qu’au Japon, divers incidents « sans gravité » avaient régulièrement émaillé l’actualité, dans les années qui ont précédé la catastrophe définitive. Bon. Alors. On attend quoi pour arrêter ? Et nous, population de gens ordinaires, nous attendons quoi pour descendre massivement dans les rues et exiger l’arrêt immédiat des 58 réacteurs français ? Que ça saute pour de bon ?

Mon opinion est faite, en ce qui me concerne, depuis longtemps. Il faut arrêter, tout, maintenant, immédiatement. On ne peut pas ? On doit ! Et puisque l’électricité renouvelable ne peut pas fournir tout ce que nous consommons à l’heure actuelle, puisqu’il y a des personnes (malades, anciens, etc.) qui en ont un besoin vital, qu’on me coupe le courant ! Oui, je veux qu’on me coupe l’électricité et je m’éclairerai à la bougie, et je ferai chauffer l’eau de ma toilette sur le feu, ça m’est égal, si cela signifie que mes enfants1 ne sont plus exposés à ce risque intolérable. Le confort ? C’est confortable, vous croyez, de mourir irradié ? Pour que jamais mes petits1, mes doux petits devenus grands, ne soient amenés à être volontaires (ou désignés) pour être liquidateurs (donc condamnés à mort, sacrifiés) d’un accident de niveau 7, arrêtons ces réacteurs avant que l’un d’eux ne tue un million d’entre nous.

1) Et ceux des autres, bien entendu.

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7 comments for “Incident de niveau 1 à Flamanville

  1. nuke
    26 octobre 2012 at 2 h 19 min

    C’est sûr que le chauffage au bois ou pire au charbon ça ne dérègle ni le climat ni ne fait 10’000 morts par an dans les mines.

    • Philomenne
      26 octobre 2012 at 20 h 00 min

      J’ai beau relire mon billet, je cherche ce qui aurait pu suggérer que je serais favorable au chauffage au charbon… Quant au bois, bien géré et si on replante au fur et à mesure, le bilan carbone est neutre.

      J’ajouterai que le bilan carbone du nucléaire, lui, n’est absolument pas neutre : croyez vous que l’uranium vienne à pieds depuis le Niger ? Et les déchets, ils voyagent comment, si ce n’est majoritairement par la route et par bateau, le transport ferroviaire étant anecdotique en volume ?

      Mais puisque vous semblez favorable au nucléaire, vous êtes, bien entendu, volontaire, le jour où ça sautera, à Flamanville ou ailleurs, pour être liquidateur…

  2. 26 octobre 2012 at 6 h 05 min

    « Pique-nique au bord du chemin », rebaptisé « Stalker », suite à la sortie du jeu vidéo éponyme, décrit un futur possible avec explosion de la centrale…

    Dans le livre ça se passe quelque part en Amérique il me semble…

    Dans le jeu, c’est Pripiat.

    Et ça fait peur….

  3. Nad
    26 octobre 2012 at 11 h 43 min

    Et moi, je pense avec toi, tout du long!
    Merci pour ce texte incisif.
    Ne lâchons rien,
    Nad

  4. Romieu
    28 octobre 2012 at 10 h 11 min

    Sur la seule question du thermique, si l’on remplaçait tous les réacteurs nucléaires, 443 en service dans le monde, par des centrales thermiques à gaz ( on ne parle pas de charbon), les émissions de gaz à effet de serre n’augmenteraient que de 0,26%.
    Source : « Nucléaire Arrêt Immédiat, le scénario qui refuse la catastrophe » Pierre Lucot et Jean-Luc Pasquinet, Editions Golias, fevrier 2012

    • Philomenne
      28 octobre 2012 at 20 h 00 min

      Chère Romieu, merci pour le chiffre et pour la référence…

  5. JCC
    28 octobre 2012 at 22 h 32 min

    Evidemment, sortir du nucléaire, comme sortir du pétrole nécessite que nous revoyions CONSIDERABLEMENT notre consommation d’énergie. Pour le nucléaire, je crains que nos industriels ne fassent comme d’habitude, c’est à dire que faute de moyens, ils ferment les sites en mettant un grillage autour puis en laissant la responsabilité aux générations futures de gérer la m…… Pensez seulement au nombre de centrales positionnées au bord de rivières en France et à ce qu’il adviendrait si elles étaient simplement abandonnées…

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