Le silence de la mine

mines-uraniumEntre 1956 et 1984, Areva a exploité des mines d’uranium en Bretagne. Lorsque l’exploitation a été interrompue, les puits ont été rebouchés mais la remise en état s’est arrêtée là. Pourtant, ils sont contaminés par des déchets d’extraction, qui sont radioactifs.

Deux problèmes se posent :

– Les sites d’extraction eux-même sont radioactifs, à cause des résidus de matériaux qui, après avoir été remontés à la surface, sont restés sur place.

– Les eaux ont déplacé de la radioactivité. Avant extraction, le minerais d’uranium est stable. Un peu comme des grains de café entier, on peut l’arroser d’eau, rien ne se passe. Mais l’extraction de l’uranium produit de la poussière de minerais, des petits morceaux, qui contaminent les eaux -comme le café moulu infuse dans l’eau bouillante. Aussi ce ne sont pas seulement les anciens carreaux de mines, qui sont contaminés. Comme l’eau ruisselle et se déplace, d’autres lieux sont aussi concernés, parfois assez loin du site initial.

Ainsi, des chemins sont radioactifs, des parcelles cultivées sont radioactives, des cours de ferme sont radioactives, à des taux allant jusqu’à vingt fois les niveaux autorisés.

Rien ne permet d’avoir connaissance de ce phénomène. La radioactivité, quelle que soit sa quantité, ne se voit pas, ne se sent pas, ne se ressent pas ; on peut être irradié sans s’en apercevoir. C’est donc dans l’ignorance de ce qui leur arrive que les randonneurs, les agriculteurs, les habitants reçoivent des doses de rayonnement dont l’impact sur la santé n’est pas négligeable, surtout quand l’exposition est répétée et régulière.

Que fait Areva, l’entreprise exploitante de ces mines, pour remédier à cette situation ? Rien. Les sites ne sont pas signalés et encore moins réhabilités, les populations ne sont pas informées. Et jusqu’à maintenant, aucune autorité n’a jamais jugé utile de la contraindre à le faire.

Parmi les départements concernés, le Morbihan 1, dans lequel se trouvent vingt-deux sites. Régulièrement, la presse locale s’en émeut. Samedi dernier, des militants de la Fédération Antinucléaire bretonne ont, une fois de plus, tenté d’attirer l’attention des autorités et de leurs concitoyens sur ce problème.

Lundi dernier avait lieu une réunion du comité interdépartemental de suivi des anciens sites miniers d’uranium de Lignol. Comme chaque année. Et comme chaque année, aucune obligation n’est faite à Areva. Tout juste s’est on contenté de faire un recensement des sites à « réhabiliter ». Avec en perspective l’année 2018, date à laquelle Areva sera délivrée de toute obligation, la charge et le coût de dépollution des sites revenant alors aux communes. En attendant, les anciennes mines continuent d’irradier silencieusement les randonneurs, les agriculteurs, les habitants. Au mépris de leur santé.

 

NB : J’emprunte la photo du panneau à Sortir du nucléaire Cornouailles et à l’association Roz Glas.

Pour plus de détails, les archives du sites de Stop-nucléaire 56.

Share Button

Notes:

  1. Je prends cette exemple en raison de l’actualité du problème dans le département mais les quatre départements bretons sont concernés, ainsi que la Loire-Atlantique.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.