L’homme debout (la suite)

tien_an_menParce que l’intéressé a la gentillesse de m’écrire, je peux faire aujourd’hui une chose qui me plait particulièrement : donner une suite à un billet.

Que s’est-il passé après  la semaine d’actions 1 de l’homme debout ? Malheureusement, pas grand chose ; quelques articles dans la presse, mais pas de réponse des institutions interpelées. Non seulement le dossier de Mikaël n’a pas été revu mais la SAFER n’a pas répondu à ses questions. Depuis, d’autres projets du même type que le sien ont été refusés et les médias, comme à leur habitude, sont passés à autre chose.

Le succès de l’action « homme debout » est donc en demi-teinte : il y a eu un effet sur le moment (provoquer la fermeture de la Maison de l’Agriculture et quelques remous médiatiques) mais pas de répercussion tangible sur le long terme.

Aujourd’hui, Mikaël a mis ses projets d’installation de côté et il sait qu’il devra peut-être y renoncer définitivement. Il s’est tourné vers d’autres activités agricoles et travaille notamment à l’élaboration d’une école paysanne, pour former les habitants des villes à l’agroécologie, ouvrir une voie vers une agriculture vivrière et l’autonomie alimentaire des citadins.

Parallèlement, il soutient des projets semblables au sien, tout en déplorant que les instances décisionnaires (notamment pour ce qui est de l’attribution des terres) n’en veuillent pas par principe et privilégient systématiquement un modèle unique d’exploitation de grande taille. Il se dit convaincu que cette voie est une impasse et que les vraies solutions d’avenir sont dans les petites structures et l’agroécologie.

Pour ma part, je dois dire que je ne comprends pas le silence des institutions. Que le projet soit refusé, admettons. Encore qu’il soit contestable qu’il ait été accepté puis refusé ensuite, mais admettons. Mais que tout cela se soit fait sans explication ni justification confine à l’insupportable. Cette attitude de la SAFER n’est pas autre chose que du mépris. Il y a peut-être des raisons (la méconnaissance complète en matière de permaculture des élus, estampillés FNSEA, qui ont pris la décision, notamment) mais ce n’est en aucun cas une excuse pour traiter de cette manière un porteur de projet.

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Notes:

  1. Devant la SAFER à Saint-Brieuc, la Maison de l’Agriculture de Rennes, le Crédit agricole du grand ouest et la mairie de Rennes.

7 comments for “L’homme debout (la suite)

  1. isa
    23 août 2014 at 18 h 17 min

    L’agriculture est diverse et c’est très dommage que de telles initiatives ne soient pas soutenues.. Faire grossir les exploitations! il n’y a pas que du bon , on sait que les grosses exploitations sont ensuite difficiles à reprendre…mais les financiers seront bien heureux d’y prendre des parts et de tenir ensuite le paysan par les C…(moi aussi ça m’énerve!)

  2. ksk
    2 septembre 2014 at 10 h 39 min

    Pour pouvoir affronter ces instances il faut le soutien de gens influents… c’est dommage. Ce pays s’enorgueillit de sa transparence et de son absence de corruption mais ne vante pas les alliances nécessaire à l’avancement de certains dossiers.

  3. 2 janvier 2015 at 12 h 31 min

    Je ne suis pas d’accord avec toi.
    Ne pas avoir d’explication n’est pas insupportable. C’est juste anti-démocratique et confine au totalitarisme.

    Petit rappel de l’article 15 de la DDHC (j’ai mis du temps à retrouver où ce situait ce principe) : « La Société a le droit de demander compte à tout Agent public de son administration ».
    En fait demander une explication est juste le minimum écrit dans les textes fondateurs de la république.
    En cela je trouve le fonctionnement des SAFER totalement totalitaire.

    Après, je comprend la personne, aller se battre contre une administration opaque est difficile, long et épuisant.
    Peut être pourrait il se faire attribuer des terrains par terre de liens?

    • Philomenne
      2 janvier 2015 at 18 h 22 min

      Anti-démocratique et totalitaire… et tu ne trouves pas ça insupportable ?
      Cela dit, les Safer ne sont pas des administrations mais des sociétés anonymes sans but lucratif donc tu ne peux pas faire appel à cet article 15…

      Pour que Mikaël puisse avoir des terrains via Terre de liens, il aurait fallu que Terre de liens ait des terres à l’endroit où il souhaitait s’installer. Or, à me connaissance, ce n’était pas le cas. Il avait le soutien de Terre de liens mais ce n’est pas suffisant.
      Cela dit, j’ai eu le plaisir de le rencontrer depuis et je sais qu’il développe actuellement d’autres projets, collectivement et à titre personnel. Il rebondit et c’est heureux. J’espère de tout cœur que ça va marcher pour lui.

      • 5 janvier 2015 at 15 h 05 min

        Quand je dis cela, je veux dire que c’est au delà de l’insupportable.

        Par contre, je ne suis pas tout à fait d’accord.
        Elles n’ont de sociétés anonymes que le statut. Leurs missions et leurs façon d’agir est défini par l’état.
        Ensuite, si elles ne sont pas capables d’être transparentes alors qu’elles exercent une délégation de service publique, c’est juste suspect. (c’est souvent par manque de transparence que commence la corruption)

        Ceci dit, heureux que Mikael rebondisse!

  4. Hardy Mikaël
    10 janvier 2015 at 19 h 21 min

    bonjour à tous,
    mais où ai je pu bien croiser Philomenne… ça alors, là clac ! Désolé de ne pas t’avoir fait, pas plus que cela état de mes respects … les plus respectueux… heu… c’est un peu ta faute aussi du coup !

    Rebondir, c’est bien ce que je fais avec l’école paysanne 35 : http://www.ecolepaysanne.blogspot.fr... c’est une œuvre collective, venez y participer !
    de mon coté…. je continue mon petit bonhomme de chemin de sans terre avec j’espère aboutissement prochaine !

    mais finalement… ne serons nous pas tous paysans un très bientôt jour ??!

    Mika

    • Philomenne
      10 janvier 2015 at 23 h 47 min

      Bien sûr que c’est de ma faute, il y avait du monde autour, donc je n’ai rien dit. La prochaine fois qu’on se croisera, je passerai aux aveux, promis 😉
      Merci pour ton passage ici, pour ton commentaire. Et longue vie à l’école paysanne ; je souhaite de tout cœur que tes projets aboutissent.

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